Les 100 trucs à faire avant d'avoir 30 ans
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Pardonner à sa mère

pardonner à sa maman à 30 ans

Plutôt que de lui acheter un bouquet de fleurs ou des bijoux, j’ai décidé cette année d’offrir le plus des cadeaux à ma maman pour la Fête des mères. J’ai décidé… de lui pardonner.

Nous avons tous une histoire avec notre maman qui nous est propre. En effet, il n’y a rien de plus personnel, de plus individuel que le rapport à la mère. Il se construit dès la plus tendre enfance et, en grandissant, il évolue. Ce changement est nécessaire et je dirais même que quelque part, il est sain, car il reflète notre propre évolution, celle qui fait que nous devenons des adultes à notre tour.

Pardonner à sa mère, ou au-delà, à ses parents, les accepter tels qu’ils sont, dans leurs défauts comme dans leurs qualités, c’est un signe de maturité. C’est une étape par laquelle je pense qu’il faut passer dans la vie. C’est pourquoi je rajouterais cet objectif à la liste des choses à faire avant d’avoir 30 ans ou bien à la bucket list

Roy Lichtenstein détourné

Pardonner et être pardonnée

La relation mère-enfant

Il y a autant de types de relations que de couples maman-enfant.

Certains ont la chance d’avoir grandi dans une relation d’amour fusionnel avec leur maman. Une relation parfois excessive, dans laquelle ils la considéraient comme leur « meilleure amie » ou leur « sœur »… Pour eux, à l’âge de 30 ans (ou presque), il sera peut-être temps de couper le cordon.

Pour d’autres, la relation maternelle a été jalonnée d’oppositions, de conflits. La relation filiale a pris des airs de rapport de force. Pour ceux qui comme moi appartiennent à cette deuxième catégorie, vient un jour le temps du pardon.

Qu’y a-t-il à pardonner ?

Je ne vais pas vous détailler ici mes raisons d’en vouloir à ma mère. Je préfère vous épargner la lecture douloureuse du récit de mon enfance, qui ferait passer celle de Cosette pour une virée à la Foire du Trône.

En fait, cela irait à l’encontre de ce que je veux faire ici. Je pense qu’il est temps de laisser couler certaines choses. La rancune est douloureuse, alors à moins de souffrir de masochisme, je ne vois pas pourquoi continuer à l’entretenir. Le temps et la distance ont apaisé les choses, alors pourquoi continuer à jeter de l’huile sur le feu de mes souvenirs ?

Accepter ses parents à 30 ans

Oublier pour ne garder que le meilleur

Pourquoi pardonner

L’oubli a ses vertus et le pardon apaise. Il n’est pourtant pas facile, il me demande beaucoup d’efforts. Mais si je le fais, c’est avant tout pour moi, pour me guérir. Je veux m’émanciper de mon passé de petite fille et d’adolescente triste et mal dans sa peau. Je veux passer à autre chose. Je suis désormais une autre personne, avec une vie que je me suis construite.

Pardonner, c’est aussi accepter une vérité choquante : ma mère n’est en réalité qu’un simple être humain. Un être de chair et de sang, de sentiments, un être faillible. Quand elle m’a élevée, elle ne détenait ni toutes les vérités, ni toutes les solutions. Aujourd’hui encore, elle fait des erreurs. Mais j’apprends à l’accepter malgré ses maladresses.

Enfin, lui pardonner est peut-être aussi le moyen d’acheter ma propre rédemption. Car un jour, peut-être que moi aussi, j’aurai besoin que mon enfant me pardonne.

Remercier sa mère

Ce sera la prochaine étape. Pas encore pour tout de suite.

Je commence seulement à prendre du recul. Cela va mettre du temps.
Quand je lui parle de la difficulté de s’occuper de mon bébé, ma mère hoche la tête d’un air entendu.

Comment ça, moi si gentille, j’aurais été un bébé difficile ? Tss, tss, légende urbaine. Je suis sûre que je n’ai jamais pleuré de ma vie. Ni fait un seul caprice. Ni sali une seule couche.

J’ai le défaut d’être rancunière. Sûrement un peu trop. Peut-être qu’à trop ressasser les mauvais souvenirs, j’ai effacé les bons. Pourtant, mes Thénardiers n’étaient peut-être pas si terribles. Pire, ils ont peut-être même fait de leur mieux. Je n’ai jamais vraiment manqué de rien. Je suis allée chaque jour à l’école dans des vêtements propres, j’ai mangé à ma faim, j’ai eu des loisirs. Je suis même partie en vacances chaque été.

Et encore aujourd’hui, malgré les 500 km que j’ai mis entre nous, je sais que ma mère est là pour moi. Je sais que je ne serai jamais complètement seule ou démunie, que tant qu’elle et mon père seront là, j’aurais toujours la possibilité en cas de coup dur d’avoir un toit au-dessus de ma tête et de la nourriture dans mon assiette.

Alors, aujourd’hui, maman, je te pardonne. Ou en tous cas, je te promets d’essayer.

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