Beauté, Les signes de l'âge
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À 30 ans, des rides tu auras.

Emily Blunt et sa jumelle diabolique

Avoir des rides à 30 ans n’est pas une fatalité. Enfin, ça, c’est ce que moi je pense. Mais apparemment, dans la tête de certains, il semblerait que cet âge soit obligatoirement associé aux premiers signes de vieillesse… pourquoi tant de haine ?

Aujourd’hui, je vous propose une petite étude anthropologique. Au péril de ma vie, j’ai été débusquer dans son habitat naturel une espèce en voie de prolifération, parasite naturel de la trentenaire (ou presque), j’ai nommé : la vendeuse de cosmétiques.

En effet, sur ce blog je ne me borne pas à vous conter ce que c’est que d’avoir 30 ans (ou presque) de manière uniquement théorique et descriptive. Non, en véritable journaliste blogueuse d’investigation, je vais aussi parfois réaliser des enquêtes sur le terrain. Des enquêtes certes un poil subjectives et mal biaisées (que ceux qui ont lu autre chose que « biaisées » lèvent le doigt… Bande de pervers.)

Une jeune femme se regarde dans le miroir

Mais non, ne pleure pas… mais ne sourit pas trop non plus, tu riderais encore plus.

Confessions intimes

Tout d’abord, avant de rentrer dans les détails de mon reportage dans le milieu de la drogue beauté, j’ai un aveu à vous faire.
Je ne suis pas une blogueuse beauté.
Voilà, c’est dit.
Bon, en même temps, si vous lisez ce blog ne serait-ce que de temps en temps, vous vous en doutiez probablement un peu.

Pour autant, même si je ne suis je ne suis pas une beauty addict, je n’en suis pas pour autant une sauvageonne néandertalienne. En réalité, j’aime beaucoup les produits de beauté. Et j’adore recevoir des échantillons pour en tester de nouveaux. Si bien que je n’ai pas pu résister à la tentation lorsqu’une marque de cosmétiques bien connue m’a envoyé un mail en me proposant de venir retirer en magasin une dose d’essai de sa dernière crème hydratante. Ni une ni deux, me voilà partie pour le centre commercial le plus proche de chez moi, en quête du fameux échantillon.

 

Envoyée spéciale

Les échantillons sont pour les filles comme les asticots pour les truites : des appâts irrésistibles*.
(*oui, je suis aussi poétesse à mes heures perdues)

Pourtant, même en ayant un cerveau de grosse truite (que ceux qui ont lu autre chose que « truite » lèvent le doigt. Bande de porcs !), je me rends bien compte que tout cadeau de ce type exige une contre-partie. Mais ma naïveté légendaire (et ma radinerie ?) m’ont poussée à croire les petits caractères de cette offre promotionnelle qui promettait la vie éternelle remise d’un échantillon « sans obligation d’achat ».

Dès lors, je vous brosse le tableau :

Le lieu du crime
Une boutique de cosmétiques qui sentent bon la Provence.

Notre envoyée spéciale
Une belle blonde plantureuse et aimable, âgée de 30 ans (ou presque), qui parle actuellement d’elle à la 3ème personne et aime se jeter des fleurs. C’est une blogueuse nantaise bien connue (d’elle-même, de sa mère…)… bref : moi.

La vendeuse diabolique
Une petite brunette sûre d’elle, dont l’âge est difficile à deviner. D’autant que l’estimation que j’aurais pu en faire au départ n’a fait que régresser à mesure qu’augmentait la bêtise de ses remarques.

 

Vis ma vie

J’entre dans la boutique d’un pas assuré. Il est clair que la collecte de mon échantillon de crème faciale ne va pas prendre plus de quelques minutes. Quelques secondes, même, me dis-je en jetant un coup d’œil circulaire autour de moi, constatant que je suis la seule cliente. J’expose alors ma requête à la vendeuse qui s’est avancée vers moi d’un pas preste.

Cette dernière, après avoir toisé la truite de ses grands yeux de merlan frit, décide de se lancer dans un panégyrique de la crème en question. « C’est de bonne guerre, me dis-je », feignant de m’intéresser – quoique modérément – au discours marketing.

La jeune vendeuse récite sa leçon avec fougue. Elle débute visiblement dans le métier. C’est mignon.

Je crois qu’il faut aider les jeunes à s’améliorer. Aussi, en maîtresse d’école affable, je décide de la laisser continuer sans l’interrompre. Même si ce déballage verbal est complètement inadapté à ma demande, je conçois très bien qu’elle ait besoin de s’exercer.

Au bout de 10 min de récitation embrouillée entre chiffres, résultats d’études et arguments pseudo-pharmaceutiques, je me dit en réprimant un bâillement qu’il est temps que je l’interrompe. Non, parce que je veux bien être gentille, mais j’ai une vie aussi… Je coupe court et me permets donc de réclamer une nouvelle fois mon échantillon.

La vendeuse m’explique alors qu’à l’occasion de la sortie de cette nouvelle crème, une promotion est en cours si j’achète plusieurs produits de la gamme. Ben tiens. Elle continue en me vantant la richesse de l’onction, qui, à près de 100 euros le petit pot, s’entend dans tous les sens du terme.

Je lui fais alors remarquer que si cette crème est riche, elle n’est probablement pas adaptée à mon type de peau, qui est plutôt grasse.
Cette objection est un peu le coup de grâce qui annihile tous les efforts qu’elle a pu déployer jusque là. À ce stade, même le vendeur le moins éveillé de la foire à neuneu aurait compris qu’il était temps de lâcher l’affaire.
Qu’à cela ne tienne, elle me suggère d’utiliser l’onction comme crème de nuit.

Oui, je pense que ce soir, après avoir utilisé quelques liasses de billets de 200€ pour allumer le feu de ma cheminée, je vais enchaîner en me tartinant le visage avec cette crème hors de prix juste pour te faire plaisir, Cocotte.

« Oui, parce que cette crème fait l’objet de 50 brevets ! »
Ma patience se change en une condescendance agacée.
« Je sais, vous me l’avez déjà dit (2 fois). Et je ne vois pas le rapport. »

Je tente de clore le débat en lui disant que de toutes façons j’ai déjà une crème de jour entamée que je souhaite finir avant d’en acheter une autre. Et puis surtout, j’aime bien tester avant d’acheter (ça c’est pour le cas où elle n’aurait pas encore compris l’objet de ma visite).
Faisant fi de mon dernier argument, elle me rétorque d’un air dégagé que la crème se conserve longtemps, que je peux l’acheter dès aujourd’hui et l’utiliser plus tard. Mais bien sûr.

Son entêtement forcerait presque le respect. Mais elle ne sait pas encore qui elle a en face d’elle.

 

C’est mon choix

Rendue à ce stade, je suis obligée de me poser une question. Telle une nageuse épuisée d’avoir franchi la moitié de la Manche, je me retrouve face à un choix cornélien : dois-je continuer ou faire demi-tour ?
Bon, je suis un brin têtue. J’aime aller jusqu’au bout des choses. Et puis, c’est une question de principe. Je suis venue jusqu’ici pour mon échantillon gratuit et, pour citer les grands penseurs du domaine des assurances, je l’aurai, un jour, je l’aurai !.

Je décide donc de continuer, coûte que coûte. Je réitère ma demande.

Changement de tactique de mon adversaire, qui monte au filet et tente une diversion. Je le sens du plus profond de mon instinct de consommatrice, elle va essayer de me refiler des produits d’une autre gamme. Elle s’approche de moi, me scrute le visage de ses yeux écarquillés lourdement fardés. J’entends presque le bruissement de ses méninges en surchauffe.

Elle m’examine longuement.

Mon visage est un modèle de plénitude. Ma peau est lisse, claire. Mon regard doux ne laisse rien transparaître de la rancœur qui m’anime, mes lèvres pulpeuses ne sont pas pincées par l’énervement qu’elle m’inspire.

Jim Carrey dans menteur menteur

Moi, intérieurement

Audrey Hepburn au naturel

Moi, extérieurement

Contrairement à elle, je n’arbore que très peu de maquillage : juste une simple touche de BB crème pour sublimer mon teint tout en signifiant « tu vois, moi, je n’ai pas besoin de me cacher derrière beaucoup d’artifices. J’ai confiance en moi, tout simplement ».
Sous son œil inquisiteur, je reste impassible. J’ai l’assurance de la trentenaire (ou presque) bien dans ses ballerines. Je respire la sérénité.

Peut-être un peu trop.

Elle décide en effet de me vanter sa gamme de produits anti-rides.

Bon, en même temps, je peux comprendre. Le raccourci est simple, surtout pour une pisseuse de 22 ans (20 ? 18 ?) : quand tu as passé 25 ans, tu dois avoir des rides. C’est automatique. C’est ce qu’on lui a appris à l’école de vendeuse en cosmétique.

Comment ça, chère lectrice, tu as 30 ans (ou presque) et tu n’étais pas au courant que tu avais des rides ? Bah, regarde dans un miroir n’importe qu’elle pub télé ou magazine… Tout le monde te le dira (?) : si tu approches de la trentaine, alors tu dois te tartiner d’anti-rides. C’est aussi simple(iste) que ça.

Malgré sa proposition indécente, la vendeuse ne réussit par là qu’à froisser ma susceptibilité, pas mon visage. Car non, malgré ses efforts, à 30 ans (ou presque), en ce début de soirée, sous la lumière pourtant crue des néons, je n’arbore aucune ride.

Prend ça, pisseuse ! Et file-moi mon p*tain d’échantillon !!!

La roue de la fortune

Au terme de 45 minutes (si si !) de lavage de cerveau, je suis finalement repartie avec mon échantillon « gratuit » de 7ml de crème hydratante.

Je ressors de l’expérience grandie, avec un étrange sentiment de lassitude mêlée de satisfaction…

En effet, j’ai fait preuve d’une grande force morale et d’une résistance à toute épreuve en réussissant à quitter la boutique sans avoir dépensé un centime. C’est ça avoir 30 ans (ou presque) : savoir ce que l’on veut et être assez déterminée pour l’obtenir.

Lady gaga en venus de Boticelli

Je suis la meilleure !!!

 

Épilogue

Si vous avez des échantillons gratuits à distribuer, n’hésitez pas, appelez-moi.
Je suis dispo et mobile dans toute la France. Et surtout, j’ai vraiment que ça à foutre (apparemment).

 

A lire également sur le même thème (ou presque) :
La différence de génération pour les nuls

10 Commentaires

  1. zeblues says

    perso je n’ai pas reçu de bon pour un échantillon, j’ai eu une ristourne pour….. de la colle à dentier!!!!! merci le distributeur de bon d’achats de ma grande surface!!!!

  2. Puce says

    Ahaha j’ai bien rigolé à ton article! En effet, à 30 ans ou presque, j’en suis encore à me battre avec l’acné, alors les rides, on verra à 40 hein 😉

    • Là où la vendeuse a été vraiment mauvaise c’est que moi aussi, je suis plutôt du côté « lutte contre les boutons » que « anti-rides »… Si elle avait tapé dans le mille, qui sait, j’aurais peut-être dépensé quelques sous dans sa boutique 😀

  3. Ahaahah merci j ai bien ri !
    Les rides c est comme les antibiotiques c est pas automatique !

  4. mdrrr, et oui comme je le signale sur mon blog beauté, quand je teste des crèmes dites hydratantes et anti rides, je commente le côté hydratation ou la texture mais en ce qui concerne le côté anti âge, je ne me prononce jamais, benh voui quoi, je ne peux pas « estomper » ce que je n’ai pas hihi

    • Moi il y a quelques temps j’ai eu des échantillons de crème antirides avec un petit flyer sur lequel j’étais sensée mesurer l’intensité de mes rides, histoire de faire un comparatif « avant-après »… Sauf que j’étais moins ridée que l’image la moins ridée du comparatif… Donc j’ai rangé les échantillons dans un tiroir et je les ressortirai dans quelques années (ou pas)

    • J’ai écrit cet article il y a quelques mois et tu fais bien de me le rappeler car pas plus tard qu’il y a 10min j’ai reçu un mail de la marque en question qui m’annonce des soldes… et je suis encore assez naïve pour croire qu’ils vont me lâcher leurs produits soldés sans contre-partie… j’étais presque prête à aller dans leur boutique demain. Comme quoi, cela ne m’a pas assez servi de leçon.

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