Les signes de l'âge
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Comment ne jamais vieillir (et vivre éternellement)

Photo Coopet Photography

Derrière ce titre diablement accrocheur, j’ai décidé aujourd’hui de vous parler de ma famille.

Je vis géographiquement éloignée de ma famille. Parfois, j’aimerais la voir plus, parfois je me dis que la distance est une bonne excuse pour ne pas le faire.
Deux fois par an pourtant, je prends la route, traversant la France et ses paysages arborés pour retrouver mes racines dans le fin fond du Cantal. Ce fut le cas pendant les vacances estivales et dernièrement pour les fêtes de fin d’année.

À Noël, j’ai donc passé une petite semaine dans ma famille. Chez mes parents. Notons que j’étais là en tant que leur fille, mais aussi en tant que « mère de famille » : en effet, j’étais accompagnée de mon compagnon et de mon fils.

« Mère de famille », ça claque comme expression. Ou plutôt ça tasse, je dirais… car ça vous donne direct un méchant coup de vieux. Et pourtant, croyez-le ou non, je me suis rendue compte que même accompagnée d’un môme qui est mon portrait craché, pour ma famille, je reste une gamine.

Je ne sais pas pourquoi, ni comment, mais dans ma relation avec ma famille, le compteur s’est bloqué. Dans leur imaginaire je reste coincée quelque part entre l’enfance et la pré-adolescence. Ils continuent de me considérer, de me parler, comme si j’étais toujours la petite.

Une poupée et une jeune fille babydoll

Salut, poupée !

 

Le secret de la jeunesse éternelle

Théorie sur comment remonter le temps

Je sais ce que vous vous dites.
Mais ne dit-on pas que la frontière est fine entre le génie et la folie ?

Je pense que le temps s’est figé quand j’ai quitté le cocon familial. Et il a repris son cours à chacune de mes (rares) réapparitions. Pour se remettre sur pause ensuite.

Comme j’ai quitté la maison à 18 ans pour mes études, cela signifie qu’aujourd’hui j’approche à peine des 19 ans, contrairement aux 30 ans (ou presque) affichés sur ma carte d’identité.

Si ma théorie est juste alors on peut penser qu’il suffit que j’arrête totalement de voir ma famille pour que le temps se fige, que je ne vieillisse plus… et que je vive éternellement. Et paf, je viens de découvrir le secret de la jeunesse éternelle : il suffit d’arrêter de voir sa famille.

Bon, avant de couper les ponts complètement, je vais leur laisser un peu le bénéfice du doute. Il faut dire que la période de Noël est propice à la régression et donc n’aide pas à être identifiée comme une (jeune) adulte. Peut-être même qu’en me montrant trop enthousiaste concernant certains aspects (le sapin, la neige…), j’encourage la tendance naturelle de ma famille à me rajeunir.

Je veux bien accepter une part de responsabilité. Mais quand même.

 

Les signes qui montrent que ma famille me prend pour une gamine

Retour vers le futur

Noël en famille = retour vers le futur

Quand mon père sert du champagne à toute la famille à Noël…
Et n’en verse qu’une larmichette dans ma flûte.

Quand ma mère, au cours du repas réunissant TOUTE ma famille, parle de quand j’étais sur le pot bébé.
Et qu’elle ne comprend pas pourquoi cela me gène.

Quand ma grand-mère m’offre pour Noël un décapsuleur Marilyn Monroe. Probablement l’objet le plus WTF que j’aie jamais vu : la partie métallique est à la place de la tête de la star…
Un objet choisi en adéquation avec mes goûts. Car oui, j’ai été fan de Marilyn. De 1990 à 1995.

Quand ma grand-tante s’exclame en me voyant « oh, mais t’es toute bêêêêêlle ! » comme quand je mettais ma robe à fleurs, à 4 ans.
Bon ok, ça, ça fait plaisir alors je garde 🙂

Marty Mc Fly

« Oh un livre du Club des 5. Merci tonton… »

Quand ma marraine m’offre un stylo bleu pailleté avec un dauphin au bout, émergeant de plumes indigo (bref, un objet qui envoie du lourd question cucul)
Je l’ai refilé à une fillette de 4 ans. C’était pile dans ses goûts.

Quand mon oncle me demande si je vais faire de la luge cet hiver.
Bon ok, j’avoue que ça m’a traversé l’esprit. Je ne sais pas skier.

Quand ma cousine me demande ce que je veux faire plus tard.
Plus tard ? Plus tard que quoi ?

Quand mon père me fait les gros yeux parce que j’ai dit « putain ».
Merde, il exagère quand même…

 

Heureusement, j’ai un petit frère. Et dans mon esprit, il sera toujours petit. Malgré son mètre quatre-vingt-quatre. Et malgré le fait qu’il ait 30 ans (ou presque).

20 Commentaires

  1. Salut Claire, j’ai adoré ce billet ! C’est tellement vrai tout ce que tu racontes. Chaque fois que je rentre dans ma famille, et pourtant c’est chaque 2-3 semaines, c’est le même genre de scènes. J’ai trop ri en lisant tes anectodes 🙂

  2. Ptdr !! La même. Je te rassure, le fait de vivre près d’eux ne change rien à ce phénomène. Perso mon grand moment de solitude c’est quand ma tante est venue me voir au boulot et m’a pincé les joues devant tout le monde… 😉
    (si ce com’ apparaît 3 fois je plaide coupable !)

  3. Oh yeah, je ne suis pas seule ! Je mettais ça sur le compte que je suis la plus jeune, vu que ma sœur est beaucoup plus traitée en adulte mais je vois que c’est pas forcément ça… De mon côté ça n’a pas donné lieu à des anecdotes qui pourraient me faire rire plus tard comme les tiennes. C’est surtout que quoi qu’on dise avec mon homme, on a forcément tort en mode « moi adulte, moi sachant, toi enfant, toi écouter et apprendre ». Le chéri de ma grande sœur qui est pourtant plus jeune que mon chéri a aussi droit à plus d’écoute et de considération, étrange. Après ces visites, je me prends aussi à penser que deux fois par an, c’est encore trop, ou qu’une semaine c’est trop long… Ça me rend vraiment triste et ça a bouffé mon énergie de ces vacances ! Faudrait que j’arrive à leur en parler, mais vu les symptômes je ne suis pas sûre d’arriver à quoi que ce soit. Surtout je comprends qu’on reste leur enfant voire leur bébé par moments, mais ça ne me semble pourtant pas compliqué d’arriver à nous traiter en adulte quand on discute par exemple.

    • Mon homme a au moins cette chance d’être traité en adulte par mes parents. Et je ne pense pas que ce soit parce qu’il est plus âgé que moi… c’est juste parce que ce n’est pas leur fils, ils ne l’ont pas connu tout bébé…

  4. Stella says

    Avec ma mère ça va, c’est plutôt moi qui doit agir avec elle comme si c’était moi la mère enfin surtout quand elle vient chez moi, si je retourne « chez nous » ça va!
    Par contre quand on est en réunion de famille je me sens pas vraiment comme faisant partie des adultes, j’ai cette impression qu’il y a « les adules, les parents » et nous, « les enfants » ma cousine et moi (ma soeur étant loin elle n’est jamais là) Mais c’est plus un ressenti qu’autre chose, on est traités en adultes, on rempli notre coupette normalement (enfin la mienne vu que ma cousine ne boit pas, ça joue peut être ça aussi). Mais c’est plus dans les idées, la discussion, notre avis, c’est celui des « enfants ». Ca changera peut -être quand nous aurons à notre tour des enfants.

    • Pour moi ça n’a pas vraiment changé, même après avoir eu un enfant. Pourtant j’ai l’impression, contrairement à ce que tu décris, que mon opinion est écoutée… mais c’est plutôt que mes parents font comme si j’avais encore tout à apprendre…

  5. mouch says

    j’ai des neveux qu’ont dix-huit ans et plus (moi j’ai 31 ans) jles ai donc vus grandir normalement. Ben jsuis toujours étonnée de les voir si grands.
    Jm’étonne qu’ils aient si peu de souvenir d’eux petits.
    Parfois même, jme dis que jles connais mieux qu’eux!
    Je crois que dans une famille, ‘y a des « places » comme dans une tribu. c’est pour ça que c’est bien de se retrouver parce qu’on sait que le plus grand soutien en cas de problème viendra de là. c’est bien de partir pour se découvrir vraiment.

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