Du mythe à la réalité
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Faut-il mourir à 33 ans ?

A quel âge faut-il mourir ?

Dans 2 jours, c’est mon anniversaire. Dans 2 jours, j’aurai 33 ans.
Un âge mythique. Un âge… christique.

Fêter mon 30ème anniversaire m’a amenée à me poser des questions sur la vie. Aujourd’hui, à l’aube de mes 33 ans, je m’interroge sur… la mort.

The Girl in the Red Dress Photo by Lindsay Hames

Quand le moment viendra… Photo © Lindsay Hames

À priori pourtant, ma mort n’est pas imminente. Je devrais avoir encore de longues années devant moi. Pour le meilleur… ou pour le pire ?

Jésus est mort à 33 ans. Et selon certain, c’était vraiment quelqu’un de bien. D’ailleurs, 2000 ans plus tard, on en parle encore. Cela veut-il dire que pour être quelqu’un de bien il faut mourir à 33 ans ?

Ou plutôt, Jésus aurait-il eu une telle influence sur l’humanité s’il n’était pas mort à 33 ans ?

Jésus christ superstar

Il faut savoir arrêter à temps (= avant ça)

Peut-être cette mort précoce lui a-t-elle évité la déchéance physique et morale. Peut-être que s’il avait vécu plus vieux, Jésus aussi se serait fait chopper au Carlton de Lille le pantalon sur les chevilles ? Peut-être Judas aurait-il profité du scandale pour sortir un livre-choc sur leur relation amour-haine ? Peut-être Jésus aurait-il voulu laver son nom en produisant une comédie musicale autobiographique ? Peut-être Jésus aurait-il tenté de relancer sa carrière in fine en participant à la 23ème saison des Anges de la téléréalité aux côtés d’Adam (Levine) et d’Eve (Angeli) ?
Qui sait ?

Alors, entre mourir jeune ou mourir vieux, mon cœur balance.

Les avantages à mourir jeune

Mourir dans la fleur de l’âge. Au top de sa carrière, au zénith de sa beauté. Jeune, quoi. Ça fait rêver, non ?

Moi, j’aurais aimé appartenir à un club : le Club des 27. Rien à voir avec le Club des 5.

Le Club des 27 est un club très fermé… Il rassemble des gens talentueux, des musiciens de génie disparus trop tôt : Amy Winehouse, Kurt Cobain, Jimi Hendrix ou encore Janis Joplin… Disparus trop tôt… ou alors au bon moment ?

Chantal Goya en 2015

Pitié.

Contrairement à eux, il y a pléthore de stars qui n’ont pas eu la décence de tirer leur révérence à temps : Mariah Carey, Britney Spears, Chantal Goya… On dira ce qu’on voudra, mais le Club des 27 a plus la classe que ces derniers.

Mais pour la mort à 27 ans, j’ai loupé le coche. En même temps, heureusement pour vous, sinon ce blog n’aurait jamais vu le jour 😉

À 33 ans, c’est peut-être trop tard pour mourir jeune. En tous cas, c’est limite. Et en même temps, je n’ai encore rien fait de ma vie, je n’ai pas le sentiment d’avoir accompli mon destin, ni même d’avoir trouvé ma place sur cette planète. Mais peut-être que ça n’arrivera jamais.

En plus, mourir « jeune », c’est pas sympa pour ses proches. Car en général, ils ne s’y attendent pas et après, ils vous en veulent. Et moi, depuis l’année dernière, j’ai une responsabilité supplémentaire, qui m’oblige à ne pas mourir jeune : mon fils. Partant du principe que mon fils a besoin de moi (et que je suis et resterai pendant tout sa vie la personne la plus importante à ses yeux), je ne peux pas me permettre le luxe de disparaître. Pour lui, je dois m’obliger à ne jamais mourir.

Je mange 5 fruits et légumes par jour, donc logiquement, ça devrait le faire.

Les avantages à mourir vieux

On ne choisit pas l’âge auquel on va mourir. Mais si je devais choisir aujourd’hui, je dirais peut-être 75 ans, ou quelque chose comme ça. Cela me semble assez loin pour avoir le temps de « faire ce que j’ai à faire » et en même temps pas trop vieux pour éviter de devenir grabataire (diminution des capacités physiques et mentales, couches Confiance...). Mais l’important pour moi ce n’est pas tellement l’âge de ma mort mais plutôt les conditions dans lesquelles j’aimerais qu’elle intervienne.

J’aimerais mourir paisiblement, dans mon sommeil. C’est le plus important.

Le fait que cela arrive à un âge avancé est seulement sensé me garantir d’avoir eu une vie pleine et riche… et devrait également être une consolation pour ceux que je laisserai derrière moi.

Pourtant, une fois le moment venu, « vieux » ne sera peut-être pas assez vieux. Imaginons que le jour de mes 75 ans justement, je m’apprête par exemple à devenir grand-mère ? Ou à avoir une visite de mon fils que je n’ai pas vu depuis longtemps (disons 2 semaines, max : non mais faut pas déconner non plus !), ou bien à participer au concours de belote de l’auspice dans lequel je vis, ou encore à manger une part de gâteau au chocolat ? Je ne voudrais certainement pas décéder avant d’avoir goûté mon gâteau d’anniversaire.

En plus, en mourant à 75 ans, il y a des chances que ça se passe avant ma retraite. Mince alors, j’ai plein de projets pour ma retraite. Je ne voudrais pas louper ça après avoir trimé et cotisé pendant quelques 52 années (au moins).

Ou bien peut-être que ce ne sera pas assez tôt. Peut-être que j’aurai envie de partir avant. Pour quelque raison que ce soit.

Mort physique, mort digitale

Mais au delà de ma mort physique, que je ne prévois pas prochainement, je vous rassure, je voulais aussi évoquer par cet article l’imminence potentielle de ma mort digitale. En effet, ce blog a eu 3 ans il y a quelques jours.

Mourir à 30 ans

Adieu, monde cruel

Je l’ai lancé à l’aube de mon trentième anniversaire, pour évoquer ce que l’on appelle la fameuse « crise de la trentaine » et qui pour moi signifiait l’inadéquation entre ce que je ressentais et l’image des trentenaires dans notre société actuelle.

Désormais j’ai « 30 ans (ou presque) » bien tapés. La question que je me pose est donc : « suis-je encore pertinente pour évoquer la vie de quelqu’un qui passe le cap des 30 ans ? ». Le fait est qu’aujourd’hui, à l’aube de mes 33 ans, je ne me sens pas plus adulte qu’hier. Je ne suis pas plus prête à coller à l’image que la société a de moi. Je brûle toujours d’envie de m’indigner, si possible avec humour, de me révolter contre ces diktats. Je ne dis pas que ça ne m’arrêtera jamais, car il ne faut jamais dire jamais (et encore moins l’écrire 3 fois dans la même phrase…). Mais tant que ce sentiment persistera au fond de moi, je continuerai à écrire ici…

 

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