Les signes de l'âge
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Les souvenirs

Les souvenirs, souvenirs heureux, souvenirs tristes

Si je me laisse régulièrement aller à la nostalgie sur ce blog, je n’ai pourtant pas toujours l’esprit tourné vers le passé. Au contraire, j’ai plutôt tendance à regarder en avant, à faire des projets. Et pourtant, aujourd’hui j’ai envie de vous parler du passé et plus précisément, de la mémoire, de la manière dont elle se construit et dont elle vit.

Les souvenirs jouent un rôle important dans la construction de l’individualité car ils permettent de déterminer ce que l’on aime, ce que l’on veut, qui l’on est.

souvenir d'une fête à la plage avec des flamands roses

Voyage au pays des souvenirs

Mon souvenir le plus lointain est assez confus. Je me vois en haut d’un grand escalier, à l’intérieur d’un immeuble. Les marches sont hautes, le vertige m’étreint.

Ce souvenir, je l’ai déjà ressassé, questionné, ré-imaginé d’innombrables fois. A tel point que je ne suis plus si certaine de son authenticité. Quelle est la part de souvenir, quelle est la part d’imaginaire ?

J’ai déménagé lorsque j’avais 3 ans. Mes souvenirs précédent cet évènement sont très rares. En fait, ils se comptent sur les doigts d’une main. Et encore, certains sont devenus tellement indissociables des clichés présents dans l’album photo, que je ne sais plus où débute la photo et où s’achève le souvenir.

Il y a des souvenirs que je chéris, que je garde précieusement au fond de mon esprit. Des souvenirs heureux, que j’aime raviver occasionnellement. J’évite de le faire trop souvent, j’ai peur de les user, de les altérer, tout comme ces souvenirs de ma lointaine petite enfance. Dans les moments difficiles, quand j’ai besoin de retourner dans les méandres de ma mémoire pour en ressortir un évènement réconfortant, j’extrais quelques souvenirs de leur boîte mentale et les manipule tels des objets précieux. J’en caresse les contours, juste assez pour les faire revivre, pas trop non plus, pour ne pas les abîmer.

D’autres souvenirs au contraire me sont désagréables, ceux-là, je n’en veux plus. J’ai décidé d’oublier, de les effacer volontairement de ma mémoire. Quand j’ai fêté mes 30 ans (ou presque), je me suis rendue compte que l’espace de stockage situé dans ma boîte crânienne arrivait à saturation. Certains souvenirs s’en échappaient, contre ma volonté. J’ai donc choisi de faire du tri, d’éliminer ce qui ne servirait plus qu’à me faire du mal. Je ne veux plus ressasser, je ne veux plus raviver cette mémoire douloureuse. Je veux oublier, je veux pardonner. Je préfère laisser plus de place aux beaux souvenirs.

Pour effacer un souvenir, c’est assez simple, en fait. Il suffit de ne plus y penser. Ce n’est pas toujours facile, en tous cas au début : c’est une gymnastique intellectuelle à adopter. Peut-être que le souvenir va se débattre, jouer des coudes pour s’immiscer dans vos pensées. Il vous faudra alors de la persévérance pour repousser le malotru dans les méandres de votre inconscient…

Les souvenirs agréables, je n’en ai jamais assez. J’essaie d’en créer de nouveaux, en vivant ma vie pleinement et en essayant d’inscrire les émotions heureuses dans ma cervelle perméable. Parfois, pour être sûre que les souvenirs ne s’échappent pas, je les sors de mon esprit, ou plutôt j’en crée une copie, en les matérialisant, en leur donnant une forme tangible. Le souvenir peut ainsi s’incarner dans un objet, ramené d’un voyage, ou encore dans une photographie.

Il y a quelques semaines, j’ai reçu un bon d’achat pour tester gratuitement le site d’impression de photos en ligne Prentu. A cette occasion, j’ai fait une recherche parmi mes souvenirs les plus précieux, pour en choisir un heureux, que je souhaitais mettre en valeur. Le choix n’a pas été simple. D’autant que j’ai voulu placer la photo ainsi produite dans ma chambre à coucher. Il a donc fallu choisir un souvenir heureux à la fois pour moi et pour mon compagnon.

Les voyages sont des expériences fortes, des machines à souvenir. Pendant ce laps de temps, on vit pleinement, on fait des expériences joyeuses. Ces moments-là sont marquants, ils s’imprègnent plus facilement dans nos cerveaux qu’un quotidien morne. Quand je voyage avec mon compagnon, le fait de partager ces moments intenses nous ressoude et scelle notre amour.

Au final, mon dévolu s’est porté sur une photographie de Dublin, sur laquelle on voit l’artère centrale O’Connell Street et la Liffey qui coule sous un pont. C’est une photo que j’ai prise en 2012, quand nous y sommes allés pour fêter nos 10 ans. L’Irlande, c’est notre refuge à nous, Dublin, en particulier. C’est là que nous avons effectué notre premier voyage en amoureux, là où nous avons vu une demi-douzaine de concerts de U2 au fil des ans, là où Bono himself nous a fait écouter en exclu les prochains titres du groupe…

Une photo imprimée sur plexiglas sur prentu.fr

Mon précieux souvenir… désormais immortalisé sur plexiglas

J’ai choisi une impression sur plexiglas, pour donner de la luminosité à cette photo au ciel nuageux, au ciel… irlandais. Au final, je suis contente du rendu. Les couleurs sont éclatantes, la photo est brillante. C’est un bel objet, qui met bien en valeur ce joli souvenir.

Je contemple cette photo tous les soirs avant de me coucher. L’évocation de ce souvenir me rend heureuse. Pourtant, à mesure que la photo s’imprime dans mon esprit, figeant cet instant en dehors de ma mémoire, j’ai l’impression que le souvenir original rétrécit au fond de moi, remplacé par son double de plexiglas…

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