Beauté, Les signes de l'âge
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Mon cheveu blanc et moi

Olivia Wilde aurait-elle un cheveu blanc ?

Aujourd’hui je vais vous parler de quelqu’un avec qui j’entretiens depuis quelques années une relation très intime : il s’agit de mon cheveu blanc.

Je me souviens de notre première rencontre comme si c’était hier. Nos regards se sont croisés dans le miroir un jour de printemps, alors que j’étais encore loin des 30 ans. Il m’a fixée dans le blanc des yeux, je l’ai fixé dans le blanc du cheveu et j’ai su qu’entre lui et moi, c’était pour la vie.

Je t’aime, moi non plus

Oh, tout n’a pas toujours été rose entre nous, loin de là. Comme dans toutes les relations, nous avons connu des hauts et des bas. Lorsqu’il est apparu sur le sommet de mon crâne, je l’ai tout d’abord détesté. Je l’ai haï pour sa différence, pour son audace. J’ai un peu honte quand j’en parle aujourd’hui. Je l’ai pointé du doigt, je l’ai singularisé. Heureusement, il n’a jamais fléchi, il est resté tel qu’il était. Tel une Rosa Parks des temps modernes, il a réussi à s’imposer dans ma société capillaire, à faire évoluer ma mentalité.

Je dois même vous avouer avoir un temps considéré me débarrasser de l’importun en l’arrachant purement et simplement… mais il sait bien se cacher, le bougre. Il est plus aguerri aux techniques de camouflages que Rambo lui-même. Il suffit que je parte à sa recherche avec la ferme intention de lui nuire pour que le malin enfile son treillis et se fonde dans ma pampa capillaire…

Mon cheveu blanc à une grande force de caractère. Il n’hésite pas à affirmer sa différence. Alors que mes autres cheveux rentrent facilement dans le rang, lui, reste en permanence debout au milieu de cette foule à prêcher l’anticonformisme. Je pense que si mon cheveu blanc avait un sexe, il serait probablement gay. En tous cas, ce qui est sûr, c’est qu’il est complètement désinhibé. Il adore se faire remarquer. Il ne manque jamais une occasion de se balader torse-cheveu en se dandinant sur la raie principale. Pour lui, c’est tous les jours la grey pride sur ma tête.

Cameron Diaz a du gel dans les cheveux

Mon cheveu blanc adoooore se faire remarquer !

Parfois, mon cheveu blanc sort en boîte et fait le kéké sous les éclairages ultra violets. On ne voit plus que lui. Oui, parce qu’en fait il faut avouer que le qualifier de « blanc », ce n’est pas lui rendre justice. Si je devais déterminer sa couleur exacte à l’aide d’un nuancier, ce qualificatif ne suffirait pas. Comme dans les vieilles pubs de lessive, il me faudrait trouver plus blanc que blanc. Sa robe est « blanc titane », voire même presque « blanc phosphorescent ». Un blanc fluo, qui brille de mille feux.
Moi qui me ruine en shampoings et masques en tous genre pour donner un peu d’éclat à ma chevelure, je dois avouer que j’envie son brillant immaculé.

Vous êtes peut-être en train de penser qu’il n’y a rien de plus banal que d’avoir un cheveu blanc à 30 ans (ou presque). Certaines vont même sûrement me dire qu’à ma place, elles ne feraient pas dans le sentiment et procéderaient sans ciller à l’extermination du fâcheux. Mais moi, je ne suis pas comme ça. Je suis l’amie des têtes.

Mon cheveu blanc… et ses potes

Nicole Ritchie et ses cheveux blancs

Tu en tolères un, tu finis par te retrouver avec ça…

Le problème quand on tolère un squatteur c’est qu’il faut faire preuve d’une fermeté sans faille, sans quoi l’on risque de rapidement finir envahi. Malheureusement, c’est ce qui m’est arrivé. Je me suis laissée dépasser. Très rapidement, mon cheveu blanc s’est mis à ramener ses potes sur le dessus de ma tête. D’abord il en a ramené un, puis deux, et paf, le temps que je me rende compte de son petit manège, ils étaient déjà des dizaines à coloniser mon crâne. En quelques mois, ma tignasse est ainsi devenue le nouveau lieu branché où il faut être vu. Ma tête est un lieu de sortie plus prisé que le VIP room un samedi soir. Le dress code est simple, aussi efficace qu’épuré : venez en blanc.

Mon cheveu blanc et ses potes dansent et font la fête toute la nuit… Heureusement, tous ne supportent pas forcément bien les nuits blanches.  Alors en général, j’arrive à les mater le lendemain matin. Je les cueille dès leur sortie de boîte et les serre avec un élastique. Certains sont encore un peu éméchés. Ceux qui sont rentrés plus tôt finissent par sortir de leur lit au milieu de la journée et s’étirent dans leur pyjama blanc en baillant copieusement. Parfois ça tient à peu de chose : un coup de clim et les voilà dressés sur mon crâne. Rendormez-vous les petits et laissez-moi travailler.

L’autre jour l’un d’entre eux m’a fait une frayeur : je l’ai senti se lever au milieu de la journée, alors que j’étais en pleine réunion de travail. Du haut de mon crâne, toisant de 10 bons centimètres le reste de l’assemblée, je l’ai senti s’étirer et j’ai cru qu’il allait se mettre à chanter « Au revoir, au revoir, Président ! ». Fausse alerte : il est juste resté planté là-haut, hagard et silencieux.

Heureusement d’ailleurs, car je suis sûre que si je vous avais dit qu’il s’était alors mis à chanter, vous m’auriez soupçonnée de vous raconter une histoire un peu… tirée par les cheveux.

 

Et vous, quel rapport entretenez-vous avec votre (vos ?) cheveu(x) blanc(s) ?

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