Du mythe à la réalité
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Comment j’ai raté ma vie

A 30 ans j'ai raté ma vie

J’étais destinée à faire de grandes choses. Du moins, c’est ce que je croyais en grandissant. Et puis finalement, force est de constater que ce n’est pas le cas. Je mène une existence ordinaire, je suis une personne on ne peut plus banale.

Mais alors, où est-ce que ça a raté ? Petit retour en arrière pour tenter d’analyser les sources de mon échec, ou plutôt, de mon non-succès.

Comment j’ai compris que j’avais raté ma vie

Il y a quelques temps, j’ai eu par hasard des nouvelles d’un ancien camarade de classe que j’avais côtoyé à l’école primaire. Ce garçon que rien ne prédestinait à la grandeur est aujourd’hui un chef de renom, à la tête de son propre restaurant pour lequel il a obtenu 2 étoiles au Michelin. Ça m’a fait un choc.

La même semaine j’ai retrouvé sur Facebook une autre camarade de classe. Elle est chargée de relations presse dans le monde du spectacle / it-girl / mannequin hype. Elle a 3800 amis sur Facebook et une vie de rêve. Ça m’a achevée.

Internet, l’accès à l’information, c’est bien beau, mais parfois, il y a des informations dont on aimerait se passer. Des choses qu’on aurait préféré ne pas savoir. Des infos qui nous placent malgré nous dans une situation d’échec.

Je vous entend d’ici me dire que ça ne sert à rien de se comparer. Et je suis bien d’accord. Mais quand l’image de la réussite des autres ne correspond pas à ce que l’on vit soi-même et surtout, à ce que l’on avait prévu… la comparaison est inévitable.

Et plus les autres sont proches de nous, plus la comparaison nous touche. Les deux personnes dont je parle ont mon âge, ont grandi au même endroit que moi, ont été dans la même école… Qu’est-ce qui justifie au final des destinées si différentes ?

Ma vie, ce lot de consolation

J’étais une enfant douée et au final, je n’ai rien faut de ma vie. Enfin, rien de spécial, de remarquable. Aujourd’hui, je ne suis devenue ni princesse, ni super-héroïne, ni médecin-sans-frontières, ni même it-girl. Je ne suis pas la femme parfaite, je ne suis pas riche et, à 30 ans (ou presque), j’ai même un des cheveux blancs (bouh !).
Quelle déception. Quel échec.

Pourtant, au quotidien, je vis assez bien le fait d’être moi. Il faut croire qu’au fil des années, je m’y suis habituée. Et puis, ça aurait pu être pire : j’aurais aussi pu mal tourner… Peut-être que je me contente de peu. Peut-être n’ai-je pas visé assez haut…

J’aurais dû dominer le monde (mais visiblement, ça n’a pas marché)

J'ai raté ma vie de nerd

Mon avenir de tête d’ampoule était pourtant tout tracé

J’étais : championne d’orthographe, 3 fois finaliste régionale des Dicos d’or. Ouais, ça claque.
J’aurais dû devenir : au mieux : Bernard Pivot, au pire : prof de français.
Résultat aujourd’hui : j’aurais du mal à me passer de mon correcteur orthographique… et même avec ça il m’arrive de faire des fautes (oups, pardon).

J’étais : la fille qui avait une solution à tous les problèmes. Celle auprès de qui les autres prenaient conseil.
J’aurais dû devenir : au mieux : prix Nobel de la paix, au pire : avocate, conseiller fiscal ou psy.
Résultat aujourd’hui : je continue à donner des conseils à tous ceux qui m’en demandent (et même ceux qui n’en veulent pas). Et je ne suis jamais payée pour ça #pigeon

J’étais : hyper forte en dessin. Mon oeuvre de prédilection : le recopiage de dessins de princesses Disney.
J’aurais dû devenir : au mieux, Léonard de Vinci, au pire : petite main dans les studios Disney.
Résultat aujourd’hui : mes talents graphiques ne me servent qu’à faire des dessins pour mon fils. Et le pire c’est qu’il ne me demande que des dessins de tracteurs (pas une seule princesse en vue…).

Je savais : imiter la signature de ma prof de français préférée au collège.
J’aurais dû devenir : au mieux : faussaire (du genre à faire une copie de la Joconde pour la vendre au marché noir), au pire : faussaire (du genre à faire des faux billets).
Résultat aujourd’hui : j’ai passé tout mon temps à apprendre la signature de ma prof de français et pas une seule minute à préparer la mienne. Ce qui fait qu’au final ma signature à moi est toute pourrie (à tel point que j’aurais moins honte de signer d’une croix).

Homer Simpson

Seule une personne d’intelligence supérieure peut exercer un métier de précision

Je savais : colorier sans déborder
J’aurais dû devenir : au mieux : quelqu’un exerçant un métier de précision, genre joaillerie ou fission nucléaire… Au pire : testeuse de livres de coloriage mandalas*.
Résultat aujourd’hui : dans le genre aptitude qui sert à rien… surtout qu’au final je suis incapable de me vernir les ongles sans déborder.
*Comment ça, ça n’existe pas comme métier !? Mais il faut absolument l’inventer !

J’avais : une mémoire extraordinaire. La preuve : je connaissais par cœur les pages 382 à 387 du catalogue La Redoute 1995 (= les pages consoles / jeux vidéo)
J’aurais dû devenir : au mieux : espion pour la CIA*, au pire : physio au Macumba.
Résultat aujourd’hui : je connais par cœur l’intégralité du catalogue Birchbox. Cela ne me sert qu’à remplir ma salle de bain et vider mon compte en banque.
*D’ailleurs, qui vous dit que je ne le suis pas devenu ?

It's london baby

Je me débrouille encore en anglais

J’avais : des prédispositions pour l’apprentissage des langues. D’ailleurs, je connaissais les déclinaisons latine sur le bout des doigts ! Rosa rosa rosam…
J’aurais dû devenir : au mieux : femme d’affaires à l’international, au pire : interprête pour l’ONU.
Résultat aujourd’hui : j’ai un accent anglais pourri et il ne me reste que 3 ou 4 mots d’espagnol (et encore, si ça se trouve c’est de l’italien ?).

Je savais : hyper bien faire les crêpes
J’aurais dû être : au mieux : auteure de livres de cuisine, au pire : candidate à l’émission « le meilleur pâtissier ».
Résultat aujourd’hui :  le plat que je réussis le mieux, c’est les sushis
(ceux que j’achète au comptoir sushis à Carrefour)

J’étais : la meilleure de la classe en biologie / SVT. Ma connaissance du corps humain et de son fonctionnement était inégalée.
J’aurais dû devenir : au mieux : l’inventeur du vaccin contre le sida, au pire : l’inventeur de la molécule qui permet de rajeunir.
Résultat aujourd’hui : dès que mon fils a un petit bobo, je fais comme toutes les mamans : j’amène mon enfant chez le médecin en priant pour qu’il n’ait rien de grave.

Je gagnais toujours au Monopoly
J’aurais dû être : au mieux : milliardaire, au pire : milliardaire, homophobe, misogyne et Président des États-Unis.
Résultat aujourd’hui : parti comme c’est, je n’ai aucune chance de dominer le monde…

Et vous, avez-vous des aptitudes inexploitées ?

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