Les signes de l'âge
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Sommes-nous condamnés à devenir de vieux cons ?

Le vieux con en pleine action

Il faut bien l’avouer : avant d’approcher la trentaine, on se préoccupe assez peu de savoir comment on va vieillir. En fait, on ne pense pas vraiment aux années qui défilent, jusqu’à ce jour fatidique où l’on souffle nos 30 bougies et où, d’un coup, notre entourage se charge de nous faire savoir que l’on a pris de l’âge.

Vieillir, en soit, ce n’est pas grave. C’est un processus naturel et inéluctable. Sommes-nous condamnés à devenir vieux ? Oui. Indubitablement.

La question est plutôt de savoir si l’on va « bien » vieillir. Car évidemment, personne n’a envie de devenir un vieux con. Et pourtant, ça arrive à certains. La preuve : c’est en train de m’arriver. A moi.

le vieux con peut-être une vieille conne

« T’aurais pas un peu grossi, mon chéri ? »

L’espoir fait (bien ?) vieillir

Moi en vieille dame digne

Moi plus tard (dans mes rêves)

J’ai toujours imaginé que plus tard, je serais une vieille dame digne et sereine, qui assume son âge avec panache. Une belle mamie que tout le monde aime, qui force le respect et l’admiration. Une grand-mère que les enfants adorent et que les adultes trouvent attendrissante. Une Dame aux cheveux blancs dont tout le monde s’arrache la compagnie, que ce soit pour écouter ses histoires en buvant de la tisane ou bien pour jouer aux dominos…

Et puis un jour ça m’a frappé : je suis en réalité en train de devenir un vieux con.

Portrait-robot du vieux con

Parfois, ce n’est pas beau de vieillir. Le vieux con en est l’exemple parfait.
Le vieux con, c’est cette personne âgée, mâle ou femelle, qui nous amène à elle seule à détester l’ensemble des membres de sa génération.

Le vieux con c’est celui qui arbore constamment un air revêche et dédaigneux et qui abuse systématiquement des avantages liés à son grand âge.

Il vous déteste parce que vous êtes jeune et vous méprise parce que vous êtes sympathique. Il vous marche sur les pieds pour monter en premier dans le bus, vous bouscule dans la rue et vous passe devant aux caisses du supermarché en faisant semblant de ne pas vous voir*
*Alors que, soyons honnêtes, vous l’auriez laissé passer devant vous s’il avait tout simplement demandé.

Pour savoir si vous êtes déjà un vieux con ou bien si vous présentez des risques, je vous conseille cet article de la désencyclopédie.

Comment je suis devenue un « vieux con »

Moi future tatie Danielle

Moi plus tard (en vrai)

J’écris « vieux con » même si je suis une femme. Car le vieux con n’a pas de sexe, tout comme il n’a pas d’âge.

Mais je le dis non sans fierté : je suis un peu une jeune prodige en la matière. En effet, ce n’est pas donné à tout le monde de devenir un vieux con à 30 ans (ou presque). Ça demande beaucoup de travail. Enfin, moi, ça m’est venu naturellement. Mais encore une fois, je ne veux pas me vanter.

J’espère que mon expérience servira aux générations futures. Histoire de rendre ce monde un peu meilleur. Ou plutôt, moins pire.

J’assume complètement ce qui m’est arrivé. Même si je pourrais dire que c’est de la faute de la société de consommation, du marketing, des publicitaires… Oui, car c’est en faisant du shopping que je suis devenue un vieux con. Cela a commencé innocemment : j’ai acheté des fringues. Dans plusieurs boutiques. Pendant plusieurs années. Mea culpa, je suis désolée. Ah non, attendez, pas encore. Je continue.

J’ai acheté des fringues, mais surtout, avant ça, j’ai essayé des fringues.

D’années en années, cette activité d’abord banale est devenue pour moi une source d’angoisse, de frustration, voire même de colère. La raison de mon mal-être : la vendeuse de prêt-à-porter. Les vendeuses de prêt-à-porter. Toutes les vendeuses, d’ailleurs, de manière générale.

Moi, en toutes ces années, je n’ai pas changé. Donc ce sont forcément les vendeuses qui ont changé. Et pas en bien.

Je n’ai jamais compris pourquoi elles s’acharnaient sur moi.

Et puis c’est en lisant le ressenti d’une copine blogueuse, vendeuse chez Esprit, que j’ai commencé à me remettre en question. En effet, elle explique sur son blog combien, parfois, les relations avec les clientes peuvent être tendues, notamment dans les périodes de frénésie (soldes…).

A la lecture de ses remarques, j’ai fini par m’interroger sur mon attitude. Je ne sais pas pourquoi c’est parti de là. Esprit est une marque que j’apprécie pour la qualité de ses vêtements et que je trouve sérieuse… donc peut-être que par ricochet j’aurais tendance à accorder plus de crédit et de confiance à ses vendeuses ? Ou bien peut-être était-ce tout simplement le fait d’avoir l’autre point de vue qui me manquait ?

Ma vision des choses jusque là :

Moi, je suis quelqu’un de gentil. Je n’arrive pas à être méchante même quand il le faudrait… En plus, je suis super polie. Je suis donc hyper fréquentable (une vraie crème). Les vendeuses m’adorent, ou en tous cas elles devraient m’adorer, quand je leur fait l’honneur de visiter leur boutique.

Comme je suis timide, j’aime bien faire mon shopping sans être dérangée. Mais apparemment, elles n’ont pas eu le mémo. Je ne comprends pas pourquoi, dès que j’arrive, elles se jettent sur moi comme la misère sur le pauvre monde et m’assaillent de questions.

Qu’est-ce qui se passe ? je n’ai rien fait de mal. Pourquoi m’agressent-elles ?

Parmi ces questions, l’une d’entre elles ressort constamment :
« J’peux vous aideeer ? »
M’aider… m’aider à quoi ? à franchir le seuil de la boutique ? à toucher les vêtements ? à soulever le cintre ? à marcher jusqu’à la cabine ? à respirer ?
Je ne comprends pas.

Une fois en cabine, on a également :
« ça va, tout se passe bien ? »
Tout se passe bien…? Comment ça ? tu crois que je suis en train de mater un film là dedans ? qu’est-ce que tu veux qui se passent mal ? t’as entendu l’alarme incendie peut-être ? Non ? Alors fous-moi la paix.

Et là, en général revient le…
« Vous dites si vous avez besoin d’aide. »
D’aide… pour quoi ? Pour mettre mon pied dans ce jean ? Ah mais c’est vrai qu’il faut pas se tromper de jambe, hein, faudrait pas inverser la gauche et la droite en l’enfilant. Et ce pull, je comprends pas Mademoiselle, il a 3 trous, pourtant j’ai pas 3 bras… Ah mais non, ok, il y en avait un pour la tête. J’étais sensée deviner toute seule ? Sinon, vous auriez pas un plan pour sortir de cette robe ? Elle est tellement grande, j’ai peur de m’y égarer…

Oui, j’ai tendance à être un peu sarcastique, dans ma tête.

La réalité :

Quand j’entre dans une boutique, c’est le dos voûté, mon visage arborant un air méfiant. Je jette un coup d’œil rapide sur les fringues à portée de main, telle la maman de Bambi, prête à bondir hors de la boutique au moindre mouvement suspect. Et c’est toujours ce moment-là que choisit la vendeuse pour s’approcher de moi à petit pas avant de s’exclamer avec un sourire (dans au moins 50% des cas) « puis-je vous aider ? ».

Option 1 : je n’ai rien repéré qui me convenait dans la boutique. Le temps que la vendeuse finisse sa phrase, je suis déjà dans ma voiture avec la clef sur le contact.
Option 2 : j’ai vu quelque chose qui me plaisait dans le magasin. C’est le début du supplice.

Demain, j’arrête (d’être vieille et/ou conne)

Je suis une vieille conne

Demain, j’arrête.

Depuis cette prise de conscience, j’essaie de corriger mon attitude. De me montrer plus empathique, plus patiente. Et de manière assez inattendue, cela m’a apporté de la satisfaction à plusieurs reprises : j’ai découverte des vendeuses sympathiques, qui avaient vraiment à cœur de bien faire et de m’aider (même si la manière dont elles envisagent de matérialiser cette aide reste toujours assez floue pour moi).

Je ne vais pas vous dire que c’est facile tous les jours. C’est un combat permanent. Souvent, le naturel revient au galop, comme avec ma banquière ou encore cette vendeuse de cosmétiques.

Mais je m’en rends compte, c’est déjà ça.

Tentative d’explication

Vieille conne et fière de l'être

Yeah baby

Ma théorie est que plus on vieillit, moins on devient patient.

Car je me rends compte qu’il n’y a pas qu’avec les vendeuses que je suis devenue exécrable : je m’énerve beaucoup plus souvent qu’avant et pour des choses beaucoup moins graves.

En même temps, ça paraît logique : moins il nous reste de temps à vivre et moins on est disposés à le consacrer à des conneries choses qui nous énervent.

Me voici donc en vieux con repenti. S’il vous plait, acceptez ma pénitence. En attendant que ça empire…

Et vous, quel vieux con serez-vous plus tard ?

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